Oasis – Don’t Believe The Truth

Meilleures chansons du disque : The Importance Of Being Idle, Turn Up The Sun, Mucky Fingers, Let There Be Love, Lyla.

Sixième effort du groupe, “Don’t Believe The Truth” est avec suffisamment de recul aujourd’hui leur troisième meilleur album. Dans ce nouveau millénaire, Oasis retrouve de sa superbe et de son mordant. Dave Sardy, nouveau producteur en chef, soigne un son vintage/rétro qui sied à merveille aux anglais. Zak Starkey, fils de Ringo Star (Beatles), est en renfort côté batterie et impulse une énergie brute de décoffrage au rock d’Oasis.

Noel Gallagher signe l’une de ses toutes meilleures chansons avec l’immense The Importance of Being Idle. Un diamant qui se pose en digne légataire de The Kinks. Autre perle : Let There Be Love. Une ballade Beatlesienne où les deux frères, Liam et Noel, se partagent le micro, seconde et dernière fois dans leur carrière. Le pont chanté par Noel est un petit chef d’œuvre où le temps semble suspendu en 1969.

On retiendra aussi le garage folk blues déraillé de Mucky Fingers avec son harmonica ivre. Sur une cadence névrosée, le groupe livre une missive politique (une première chez Oasis) contre les va-t-en-guerre ayant précipité les britanniques dans une seconde guerre du golfe injustifiable. Si le Velvet Underground imprégnait cette dernière, on ira du côté des Stranglers pour Part of the Queue. Percussions, rythme ternaire et chaloupé, un des titres les plus sous-estimés d’Oasis mais pourtant étincelant, avec ce son « Mersey » et cette bruine qui habite le solo de la chanson.

Oasis retrouve de sa fougue avec la sautillante et frondeuse Lyla portée par un final homérique et orageux inspiré par le « Street Fighting Man » des Rolling Stones. La garage blues teigneux The Meaning of Soul, de Liam Gallagher, empruntera de son côté au « Jumpin’ Jack Flash » des mêmes Stones sur les refrains. Andy Bell, le bassiste, se fend pour sa part d’un magistral Turn up the Sun aux arpèges Floydiens, porté par un Liam impérial au chant. Le reste de cet opus est plus anecdotique sans être désagréable.

« Don’t Believe The Truth » marque leur grand retour avec des concerts pleins à craquer, une presse élogieuse, des singles à succès, et une formation qui officie à l’unisson et dans la franche camaraderie. Une période faste pour Oasis, qui serre son jeu, retrouve du panache, et sert des chansons de très bon calibre, épaulés par un Dave Sardy qui refocalise le groupe sur un son nerveux et authentique, dans la plus pure tradition du rock and roll britannique.